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The happy secret to better work : bonheur et performance

C’est une idée qui anime une partie des coachs : l’attitude positive est le terreau de l’évolution personnelle. Par « positive », entendez la faculté de se réjouir des acquis et des résultats, au lieu d’une insatisfaction permanente fondée sur la compétition et le barème. Dans un exposé plein d’humour, le psychologue Shawn Achor issu d’Harvard et CEO de Good Think inc. nous montre que nous pensons à l’envers en espérant atteindre le bonheur par la réussite : il semble que le bonheur pris comme point de départ offre au cerveau des ressources pour progresser et atteindre ses objectifs.

 

Si vous n’avez pas vu cette vidéo TED, en voici un résumé.

L’exposé de Shawn Achor en bref :

Nos sociétés occidentales basent la réussite sur un double modèle de moyenne et de compétition. Il faut être le meilleur de sa catégorie, sans toutefois sortir des normes (car nous aurions la fâcheuse habitude de couper ce qui dépasse des courbes statistiques).

Nous sommes programmés avec l’idée que la réussite mène au bonheur ; mais nous repoussons sans cesse l’horizon de la première, ce qui nous empêche d’atteindre le second.

Et si nous choisissions d’inverser la cause et l’effet en posant le bonheur comme point départ ici et maintenant ?

Des études ont montré qu’une attitude positive rend créatif, productif, efficace – notamment grâce à la dopamine qui stimule nos capacités d’apprentissage. Shawn Achor cite quelques pistes pour penser plus positif (habituer son cerveau à filtrer pour retenir les événements positifs, faire le bien autour de soi, méditer etc.)

 

Je vous propose d’envisager l’idée d’Achor dans le contexte de l’entreprise.

Des employés plus positifs feront-ils un meilleur travail ? Seront-ils plus efficaces, et progresseront-ils davantage que des employés plus négatifs ? Tiens, voilà un débat qui rappelle « Performance et bien-être en entreprise » (objet d’un article en cours d’écriture.)

J’entends déjà des objections :

Des collaborateurs positifs ne vont-ils pas perdre leur ambition et stagner ?
Le stress, la tension que les managers croient favorable à la performance, c’est du flan ?
Satisfaction facile rime avec manque d’exigence, relâchement et baisse de l’efficacité, non ?
Trop de confiance rime avec manque de vigilance et risques d’erreurs, n’est-il pas ?

Ce que Shawn Achor dit, c’est qu’un individu positif voit les challenges professionnels comme des opportunités plutôt que des risques. Il a donc des chances de travailler mieux et d’aller plus loin dans sa progression, qu’une personne pessimiste.

J’ajoute qu’une attitude positive favorise la génération de croyances positives qui elles-mêmes aident à atteindre ses objectifs ; vous connaissez l’histoire de la grenouille sourde qui est arrivée en haut de la montagne malgré la clameur de cent grenouilles pessimistes ? Ou la citation de Mark Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »

La force d’une attitude positive et des croyances associées a été étudiée également par Richard Wiseman, qui retrace ses expériences dans The Luck Factor. D’après Wiseman, les gens chanceux créent leur bonne fortune grâce à 4 principes :

  • ils savent créer et remarquer des opportunités favorables
  • ils prennent des décisions favorables en écoutant leur intuition
  • ils créent des prophéties auto-réalisatrices grâce à des attentes positives
  • ils adoptent une attitude de résilience qui transforme le mauvais sort en opportunité

La force des filtres qu’utilise notre cerveau pour voir le monde est à double tranchant, créative ou limitante.

Exemple :

Laure est satisfaite de son année à la direction commerciale de l’entreprise. Elle a presque réalisé l’objectif fixé, dans un marché très tendu : pour elle, le défi est largement relevé. Elle aborde cette nouvelle année pleine d’entrain et confiante – ce qu’elle a su faire, elle saura le refaire, en mieux ! Elle reçoit chaque appel d’offres avec l’envie de le gagner, et ne laisse jamais tomber une opportunité car elle croit toujours que la réussite est proche !

A bien y réfléchir j’ai l’impression qu’il y aurait une zone optimale pour la progression : une zone de confiance suffisante pour avancer mais pas non plus grande au point de se reposer sur ses lauriers. Une zone optimale de confiance, une zone optimale d’exigence,
et la motivation grâce au plaisir engendré par tout ce positif.

Revenons-en à l’inversion du modèle, que propose Shawn Achor. Placer le bonheur comme principe de vie précédant la performance, cela rappelle l’idée d’état essentiel et de chaîne des objectifs développée par Connirae et Tamara Andreas ; en résumé, elles proposent de remonter la chaîne de nos objectifs sur un sujet donné pour repartir ensuite en prenant comme postulat que l’objectif le plus haut est déjà atteint.

Exemple :

Dan veut obtenir une promotion pour faire partie du top 10 de l’entreprise.
Ce que ça lui apportera ? Le sentiment d’appartenir à l’élite.
Qu’aura-t-il de plus avec ce sentiment de faire partie de l’élite ? Il sera enfin fier de lui et pourra savourer pleinement cette Fierté

En inversant le processus :

Dan est déjà fier de ce qu’il a accompli aujourd’hui. Il en tire des idées constructives et des émotions positives, qui le stimulent pour relever de nouveaux challenges. Ces challenges le mène peu à peu vers la réussite qu’il briguait.

Il y a sûrement d’autres manières d’inverser le cours des choses en transformant sa manière de se voir dans le monde, par une adoption immédiate du bonheur comme terreau de croissance.

Que puis-je pour vous ?

Le coaching permet d’éclairer nos motivations profondes et nos buts cachés ; il met aussi au jour les croyances qui limitent notre progression, et les biais cognitifs et autres filtres de notre cerveau. Si vous cherchez la félicité professionnelle dans une course à la performance,  pensez au coaching !


2 comments

  1. @nliger

    Excellent article ^^

    De mon côté, j’ai l’habitude d’utiliser cette définition (ça rejoint fortement le propos) : « Je ne vois que ce que je crois ! »

    Petite moquerie du dicton cartésien, mais je suis d’accord : avant de voir, il faut commencer par croire. Ca a un côté très spirituel finalement…

    1. admin

      Bonjour Noé,
      Il y a effectivement de cela, croire qu’une bonne chose est possible en facilite l’avènement (ou la réalisation par soi-même, si l’on croit que chacun est acteur de son existence).
      Vous avez raison pour le spirituel, une forme d’intelligence qui semble de plus en plus en vogue ; est-ce parce qu’elle est de plus en plus nécessaire pour répondre positivement aux défis humains et environnementaux qui nous attendent ?

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