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Parler en public : 4 voiX pour se libérer sa peur

Je n’ai jamais vraiment aimé parler en public.
Non. Je recommence : j’ai longtemps eu très peur de prendre la parole en public.
Je classais ça dans mes lacunes personnelles, jusqu’au jour où j’ai découvert que ce trait était largement partagé.

D’abord surprise, quand des managers, consultants ou experts dont j’avais admiré la prestation en public, m’avouaient en toute simplicité qu’ils étaient en fait stressés lors de leur intervention.
Ensuite plusieurs études sur les phobies annoncent en grande gagnante, n°1 devant la mort, les hauteurs, les serpents et araignées : la peur de prendre la parole en public.

« According to most studies, people’s number one fear is public speaking. Number two is death. Death is number two. Does that sound right? This means to the average person, if you go to a funeral, you’re better off in the casket than doing the eulogy.« 
Jerry Seinfeld, humoriste new-yorkais
(« D’après la plupart des études, la peur n°1 des gens est parler en public. La n°2 est la mort. La mort, en 2e position. ça vous paraît normal ? ça veut dire que pour le péquin moyen, si tu vas à un enterrement, il vaut mieux être dans le cercueil que dire l’oraison funèbre.« )

Il y a donc de fortes chances que vous soyez concerné(e) personnellement par cet article.

Je vous épargne les trucs et astuces magiques pour être à l’aise lors d’un speech : vous les connaissez sans doute, et si la peur est forte ils n’auront pas plus d’effet qu’un pansement sur une hémorragie interne.

L’idée, c’est plutôt de changer quelque chose de plus utile : notre vision de la prise de parole, et notre regard sur nous-même. Voir les choses autrement pour se libérer de sa peur.

BATON DE PAROLE… POUR SE FAIRE BATTRE ?

Vous l’avez peut-être constaté, quand vous parlez spontanément dans une réunion et que vous vous situez au milieu des autres participants, c’est moins effrayant.

En revanche à l’idée de monter sur une scène face à un public qui vous écoute, que se passe-t-il en vous ? Pour beaucoup d’entre nous, la pression monte.

Il y a une différence notable entre ces deux situations :

Dans la première (intervention en réunion), vous êtes physiquement placé au niveau des autres, par exemple tous assis.

Dans la seconde (speech), vous êtes placé au-dessus, à part, l’attention est sur vous.

Et ce n’est pas qu’une affaire d’estrade. Pensez à un tour de table : quand vous devez vous présenter, n’est-ce pas un peu la même peur que celle du speech ?

Le déclencheur, pour beaucoup, c’est le bâton de parole : le fait d’être celui qui doit parler et que tout le monde écoute sans l’interrompre.

Le symbole est fort, car dans la plupart des sociétés primitives ce sont les chefs qui prennent la parole. Quelle responsabilité est la vôtre quand vous tenez ce bâton de parole !

Vous prenez l’attention de l’auditoire et son temps. Autant dire que vous avez intérêt à être pertinent(e)…

MISE A NU… OU MISE A MORT !

Cette haute idée que nous nous faisons de la prise de parole nous vient notamment de nos premières expériences, du passage « Au tableau ! » à l’école, au premier discours de promotion.

Et cette représentation intérieure fait le lit de nos peurs associées, peurs qui grandissent dans l’attente de l’action (lire l’article sur les blocages).

C’est la différence entre les deux situations plus haut :

a) intervention en réunion => vous n’avez pas eu le temps de cogiter, vous êtes dans l’action,
l’expérience est assez brève (les autres prennent la parole)

b) prise de parole en public => pendant la préparation vous avez le temps de laisser monter la peur, et l’expérience peut être longue – ou vécue comme telle

« Il faut que je parle la première, lors des tours de table, sinon c’est l’enfer. » confie Martine

Quelles sont exactement ces peurs ?

Ne pas être pertinent(e), montrer sa peur (bafouiller, rougir…), perdre ses moyens (blanc, hésitations…), décevoir son auditoire.

Et derrière celles-ci, il y a celles d’être ridicule, d’être jugé, d’être démasqué (nous sommes moins brillant qu’en apparence).

Point commun ? La peur de l’imperfection, de l’erreur. Et l’erreur est mortelle, non?

« Il ne faut pas que je me loupe, il y a tous les actionnaires dans la salle. » répète Jean-Yves, stressé.

SOIS PARFAIT(E) OU TAIS-TOI

La peur du jugement des autres est légitime. Quand elle devient phobie – glossophobie, en l’occurrence – c’est souvent que le jugement que l’on porte sur soi manque lui-même d’indulgence.

Ex : Fabienne est intervenue en réunion, elle a proposé une idée qui n’a pas soulevé de réactions de la part de ses collègues. L’équipe était dissipée et enchaînait les sujets avec une pointe de facétie. Mais ce que Fabienne a retenu, c’est qu’elle n’avait pas été pertinente et que ses collègues avaient été bien gentils d’enchaîner rapidement sans lui répondre.

Croyances limitantes sur soi-même et standards élevés génèrent un stress important en société : comment être à la hauteur de cet idéal d’orateur qu’on se fixe ? Autant se taire… ce que font une majorité de personnes qui fuient la prise de parole en public.

Le piège du perfectionnisme dans le cadre d’une prise de parole, c’est de tout préparer.
Une préparation minutieuse fige les choses et vous prive de créativité.
Or de quoi avez-vous besoin quand le plan ne se déroule pas comme prévu ? Bingo : d’être créatif.

Panne de prompteur, question intempestive, tout incident vous met alors en grand danger. La barre est haute, car sous stress il y a des chances que vous ne soyez pas exactement dans votre texte. Comme si on vous enlevait le filet de sécurité facultatif alors que vous n’avez jamais appris à faire sans.

Préparer l’intervention parfaite c’est s’enfermer dans une vérité, et tout le reste est erreur.

La solution ? Evoluer, en sortant du paradigme vrai/faux, parfait/imparfait.

C’est facile ? Non, mais le coaching permet une belle évolution, en 6 à 10 séances.
Et beaucoup de plaisir à la clé !

LE PLAISIR DE L’AUTHENTIQUE

Etre soi, centré sur le public et parler de choses qui comptent, voilà qui aide !

Nous ne seront jamais performants en prise de parole pour parler de choses qui n’ont pas de valeur à nos yeux.

Ecoutez un manager expliquer une directive qu’il ne cautionne pas : rares sont ceux qui arrivent à passer le message de façon convaincante.

Ecoutez à présent un manager donner sa vision personnelle de l’organisation de son équipe. S’il y croit, vous aussi.

Un exemple :

La première fois que j’ai parlé devant un public, c’était pour un projet humanitaire. Il y avait là quelques milliers de personnes dont un parterre d’hommes et femmes de medias. Dans mon esprit, des poissons dans l’eau, des vedettes des projecteurs pour qui le micro et le public c’était évident. C’était terrifiant. Mais au moment de parler, j’ai été portée par ce que j’avais à dire. Je n’étais plus qu’une voix qui transmettait un message. C’était presque… facile ! Voire agréable ? (ça alors !)

L’authentique c’est :
- être soi-même simplement, avec ses hésitations, sa peur, son courage d’y aller
- parler de choses qui comptent vraiment pour nous, en ligne avec nos valeurs

Tomber le masque, c’est un souci de moins, reste à se centrer sur ce qu’on a à dire.
Et croire en ce que l’on raconte, c’est être convaincant.

« Bonjour ! Vous êtes nombreux, je suis un peu impressionnée (Sourires et rires de sympathie dans la salle) Je vais vous parler ce soir d’un sujet qui me tient à coeur et qui nous concerne tous, … »

Regardez les intervenants sur TED.com, ils parlent de leurs idées et ça se sent !
Merci de votre attention.

A vous ! Questions de coach :

  • Comment vivez-vous la prise de parole en public ?
  • Est-elle souvent nécessaire dans votre métier ?
  • Est-ce un exercice facile pour vous ? Agréable ?
  • Qu’aimeriez-vous améliorer ?
La réponse est en Vous !

Et pour passer à l’action, pensez au Coaching…

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3 comments

2 pings

  1. somphal Patrick

    bonsoir
    Pouvez vous me donner des informations sur la prise de parole en public en particulier
    Merci d’avance

  2. Jérôme

    Bonjour Karine,

    Merci pour cet excellent article. Je te rejoins sur tous ces conseils. Effectivement, tout orateur est stressé, même après dix ans d’expérience. Mais lorsque l’on commence à aimer la chose (donc qu’on devient un peu masochiste ahah) le stress est nécessaire, le stress est bon : il permet de se surpasser.

    J’aime beaucoup ce que tu évoques concernant la différence entre réunion et prise de parole au sens propre (discours). Pour ma part c’est le strict inverse de ce que tu évoques. J’ai plus de mal à parler au sein d’un groupe que lorsque l’attention est centrée sur moi. Pourquoi ? J’ai longtemps ignoré la raison. Je pense en fait qu’en situation de discours, on est dans la peau d’un personnage (même si l’on reste soi-même), c’est un peu du théâtre.

    Comme tu le soulignes, même si l’intervention en public est sous certains aspects théâtrale, il faut toujours rester authentique, transparent. Je suis persuadé que ce que viennent chercher les gens, l’auditoire, c’est la personnalité de l’orateur, la forme qu’il donne au message qu’il transmet.

    Encore merci pour ton article en tout cas,

    Au plaisir d’échanger,

    Jérôme
    objectifpersuasion.com

  3. admin

    Bonjour Jérôme

    Merci pour ton partage. Ce que tu dis de ta spécificité nous rappelle que chacun est (très) différent par bien des aspects, d’où l’avantage – à mes yeux – de l’accompagnement individuel.
    Même s’il est vrai que les peurs peuvent prendre différentes formes tout en restant d’une même « famille » : peur de se tromper, d’être jugé, d’être transparent (non verbal, émotions etc.) Ce que tu ressens quand tu parles en réunion ressemble peut-être à ce que d’autres ressentent dans d’autres contextes, comme une présentation orale devant une assemblée.
    Ce qui compte après tout c’est : y a-t-il quelque chose à changer, à améliorer, et dans quel contexte ? Et c’est sur la base du vécu unique de la personne que l’on peut faire son travail de coach. Plus j’avance et plus je me rends compte de la singularité de chaque personne ;)

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