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Et votre jauge d’énergie ?

Votre énergie !Dans certains jeux vidéo, notre personnage a une jauge d’énergie qui descend quand il prend des coups ou avale du poison ; elle remonte grâce à des astuces comme temps de repos, potion magique, etc. Et si c’était la même chose pour nous, au quotidien ? Qu’est-ce qui fait descendre notre jauge, qu’est-ce qui la fait remonter ? Intuitivement nous pensons qu’il s’agit de dépense d’énergie et de repos : dans les faits, qu’est-ce qui agit vraiment sur notre énergie ?

Notre énergie est ce qui nous permet d’agir au quotidien. Haute quand nous démarrons une activité qui nous plaît, elle peut s’épuiser dans des activités qui n’ont pas de sens à nos yeux, dans des relations difficiles avec les autres etc. Savons-nous toujours comment notre énergie fonctionne ? Suivons-la grâce à une « jauge » (mesure de notre état énergétique), comme un feedback qui nous éclaire sur notre satisfaction, le respect de nos besoins et de nos valeurs dans une situation donnée.

L’idée de cet article m’est venue un jour où j’ai réalisé que ma jauge d’énergie remontait… dans une activité dont je pensais qu’elle était consommatrice d’énergie. Echanger, blaguer avec d’autres personnes, se répondre du tac au tac avec une certaine vivacité, cela aurait pu (dû?) accroître ma fatigue dans une période de surmenage. Et pourtant, tout au contraire, j’ai constaté après quelques moments de ce genre, que je me sentais mieux : comme ressourcée, comme pleine d’une énergie nouvelle. Ma jaune d’énergie était remontée.

A l’inverse, isolée dans mon travail, des contrariétés me faisaient perdre de l’énergie, même sans m’agiter.

Ainsi, y aurait-il du psychique dans cette jauge d’énergie ? Quand les médecins nous disent “vous êtes surmené(e), reposez-vous au calme”, est-ce la panacée pour tout le monde ?

En 1933, Carl Gustav Jung définissait deux catégories d’individus autour de deux notions : l’extraversion et l’introversion, en fonction de la direction que prenait l’énergie de l’individu. Une énergie tournée vers l’intérieur (vers soi-même, les idées, les souvenirs) pour l’introversion, une énergie tournée vers l’extérieur (les autres, les expériences et activités) pour l’extraversion.

Son modèle, utilisé notamment dans le MBTI, expliquerait que certains d’entre nous se ressourcent mieux seuls, et d’autres, au contact des autres.

François se ressource en travaillant dans le calme et l’isolement, son cerveau fonctionne alors à plein régime et il en tire une vraie satisfaction. Ce plaisir et ce sentiment de s’accomplir lui redonnent de l’énergie. Au contraire, le travail en équipe et surtout le fait de devoir se coordonner avec des esprits et fonctionnements différents du sien, ça le fatigue beaucoup.
Marianne adore discuter avec ses collègues, au sujet du travail ou de tout autre thème. Son premier réflexe de la journée c’est faire le tour des bureaux, échanger un mot avec les uns et les autres, donner et recevoir des signes de reconnaissance. Ainsi elle démarre sa journée pleine d’énergie. Si son manager lui demande de moins “traîner dans les couloirs”, Marianne se fane comme une fleur sans son eau. Si elle pouvait montrer à son manager le bénéfice, sur son efficacité au travail, de ces quelques minutes passées à socialiser, il changerait d’avis !

Des recherches plus récentes apportent une nuance importante : ce ne serait pas uniquement une affaire d’être seul ou avec les autres, mais aussi, de l’adéquation entre ce que nous donnons et ce que nous retirons de chaque échange avec l’autre. La question est : l’échange correspond-il à nos attentes ?

Ainsi, certaines personnes cherchent un échange nourri, profond, et perdent leur énergie dans un échange superficiel ; à l’inverse, celui qui a besoin d’échanges légers se sentira fatigué après un échange intense.(1)

Finalement, la clé serait de connaître ses propres besoins pour savoir comment se recharger en énergie.

Avoir conscience de ses propres besoins… et valeurs

Nous croyons nous connaître et parfois, cette connaissance mérite d’être approfondie ou actualisée.

Vous avez peut-être identifié des personnes ou des situations qui vous prennent toute votre énergie. Les reproches culpabilisants de votre mère au téléphone ? L’absence de feedback ou reconnaissance de votre manager chaque fois que vous lui présentez le résultat de votre travail ? Ecouter pendant une heure votre meilleur ami radoter sur ses problèmes professionnels, quand vous avez épuisé tous les conseils et marques d’empathie ?

Vous avez identifié certains énergivores dans votre jeu personnel et professionnel, mais les connaissez-vous tous ?

Et connaissez-vous bien ce qui vous ressource ? Parfois une expérience différente nous révèle que nous nous ressourcions mal.

Par exemple, vous déjeunez seul le midi pensant que cela vous repose ; vous restez devant votre écran. Puis un jour vous déjeunez avec des collègues à l’extérieur et vous vous rendez compte que vous êtes beaucoup plus en énergie pour démarrer l’après-midi.

Pistes de travail :

1. Identifier des énergivores cachés

Comment ? La prochaine fois que vous vous êtes senti(e) mal, affaibli(e), etc. demandez-vous :

* Qu’est-ce qui me prend de l’énergie exactement ?

* Comment puis-je m’y prendre autrement pour conserver mon énergie dans cette situation ?

Ex : vous essayez de manager un collaborateur qui pense avoir raison en toute circonstance, et sait donc tout mieux que vous. Difficile alors d’obtenir de lui qu’il suive ce que vous demandez. Plus vous insistez, plus il résiste. Vous redoublez alors d’efforts, etc.Vous réalisez que ce qui vous prend de l’énergie dans cette relation, c’est l’aspect répétitif de ces échanges, et l’absence d’issue : face à une paroi lisse dans aucune aspérité, combien de temps allez-vous chercher à grimper ?

2. Identifier ce qui vous recharge

En parallèle de la chasse aux énergivores, identifiez ce qui vous ressource.

Indice : agir en accord avec ses valeurs, voilà une source d’énergie que chacun a à disposition.

Une question à creuser avec notre Ebook sur Les Valeurs, nos boussoles, co-écrit avec 3 autres coachs (Christophe Peiffer, Eric Rolland, Anne-Claude Boutin).

Indice n°2 : respecter ses propres besoins, est une autre source d’énergie

Les émotions sont aussi précieuses pour comprendre ce qui se passe en vous. Une colère que vous aurez étouffée plusieurs fois, un sentiment négatif que vous aurez mis de côté pour « avancer », peuvent consommer beaucoup de votre énergie !

En conclusion, personne mieux que vous ne sait ce dont vous avez besoin pour avoir la pêche, à vous de vous connaître au mieux pour prendre soin de votre énergie. Avoir conscience de sa jauge d’énergie, repérer les signes précurseurs d’une baisse et savoir comment agir, c’est précieux.

Prolonger :

(1) Lire l’article Introversion and the energy Equation

Visitez le site The Energy Project, le laboratoire à énergie de Tony Schwartz et son équipe et testez votre énergie

Sur les émotions :

Les émotions au coeur de notre cerveau
Manager les émotions : bas les masques
Emotions en entreprise : ce qu’on y perd

 

8 commentaires

  1. karine a dit :

    Bonjour Karine

    Article qui tombe à point avec la fin de mon défi sur mon blog : 21 jours pour moins de STRESS et plus d’ENERGIE ».
    Tu as fait la une de l’actualité dans la rubrique des spécialistes du coaching.

    Il est vrai que l’on entend beaucoup de personnes se plaindre d’être fatigués…mais ont-il la réflexion que tu nous proposes ?

    S’arrêter un instant et se demander : qu’est-ce qui me pompe mon énergie ? Qu’est ce qui peut bien me rbooster ?

    A l’approche des vacances…il est bon de se poser cette question :
    - A l’approche des vacances, comment est notre jauge d’énergie ? Assez d’énergie pour pouvoir en profiter ?

    - les vacances faites pour se reposer entre autre…feront-elle élever notre jauge d’énergie ?

    A bientôt, karine, pour l’ebook final de mon évènement interblogueur !

    Belle journée…riche en énergie !

  2. Gillot Karine a dit :

    Merci Karine, Excellent article !

  3. Karine a dit :

    Merci à vous deux Karine et Karine !

    signé… Karine :D

  4. Cuvelier Laurent a dit :

    Très belle idée éclairante pour moi, que ce lien entre l’introversion et la dépense d’énergie au contact des autres… en tant qu’extraverti convaincu ;-) je n’avais jamais fait le rapprochement. Je reste cependant curieux de la solution quant à l’exemple évoqué sur la contre-productivité de vouloir accompagner et echanger face un collègue réputé introverti. Un des aspects du coaching est justement d’essayer de sortir les personnes de leur zone de confort… Comment s’y prendre, dès lors ? Le laisser réfléchir par lui-même et « respecter » son introversion ? Ou le « bousculer » au bon moment, quand on ressent qu’il a l’énergie suffisante pour recevoir des conseils ?
    Laurent (et non, ce n’est pas Une Karine ;-)

  5. Carine a dit :

    Excellent (comme d’hab ….)
    Je vais juste faire une précision pour les adeptes du burn-out, mais le point est très bien expliqué sur le site EnergyProject, le 1er niveau d’énergie à conserver/recharger est le niveau « physique », le « mental » que développe Karine vient ensuite. Et ici paradoxalement, recharger les batteries ne se fait pas toujours qu’en bullant sur le canapé, il faut parfois une activité physique pour recharger la jauge d’énergie.
    Je rajouterai aussi qu’un des signaux d’alarmes que quelque chose est en train de dériver (et donc qu’il faut réagir) est quand on ne trouve pas l’énergie de faire quelque chose qui nous plait.

    Carine (avec un C c’est autorisé aussi)

  6. Rémi Renouleau a dit :

    Merci Karine pour cet article que je trouve créatif et au sujet peu traité sur la blogosphère : l’énergie.

    Pour ma part, je suis d’un profil introverti et je sais que j’ai 2 parties en moi :
    - Celle qui a besoin de contacts enrichissants avec les autres pour me sentir vivant
    - Celle qui a besoin de se sentir seule pour réfléchir sur moi, mon travail, le monde, la vie, etc. J’adore prendre un bouquin et m’asseoir en nature et lire ou réfléchir…

    Ce que j’ai identifié qui me prend de l’énergie :
    - la publicité (en ligne, à la TV, sur les panneaux d’affichage, etc.). Quel envahissement nuisible…
    - écouter un homme politique parler. Peut-être une déformation pro car en tant que coach, je décrypte un bon nombre d’éléments de langage de manipulation, de tentatives d’influence, de mensonges… Ca me gave vite !
    - les repas trop copieux et l’alccol le midi : je flotte alors toute l’après-midi

    Ce qui me redonne de l’énergie :
    - Aller courir ou une bonne séance de sport intensif. Cela peut paraître paradoxal, mais bien que fatigué physiquement, je me sens super bien après mentalement
    - Faire l’amour ! Bah oui ça libère plein de bonne substances dans le corps :)
    - Une discussion authentique et vraie avec un ami

    Belle journée,
    Rémi

  7. Paul Poulain a dit :

    Bonjour tout le monde,

    Je lis cet article avec un retard certain, et j’ai envie de faire un rapprochement avec les langages de l’amour, un livre des américains Chapmann et Campbell.
    (j’espère que vous ne m’en voudrez pas, je ne m’appelle pas Karine, mais j’interviens quand même ;-) )

    Ils partent du principe que nous sommes tous équipés d’un « réservoir affectif », qui peut être plein ou vide. Quand il est plein, on est heureux, quand il est vide, ben, on est malheureux.
    Qui remplit ce réservoir ? Nos proches. Ils ont détaillé leur idée dans la relation parents/enfants et un peu aussi dans la relation mari/femme.

    Comment se remplit ce réservoir ? Ils voient 5 manières différentes :
    * les gestes (physiques)
    * les paroles valorisantes
    * les moments de qualité
    * les services rendus
    * les cadeaux
    Nous avons tous, parmi ces 5 propositions, des préférences. Tel enfant n’aura rien à faire des bisous (voire, ça le bloquera) alors qu’il adorera passer 2H au ciné avec son papa. Tel autre, au contraire, sautera au cou de sa mère à tout bout de champ,…

    Finalement, tout ceci peut s’adapter aussi au monde du travail…

    Et puisque je travaille dans le milieu des bibliothèques, voilà l’URL ou vous pourrez trouver la liste des universités qui ont ce livre : http://www.sudoc.fr/004504461
    Ceux qui pourraient vouloir l’acheter = ISBN13 : 9782863142066 et ISBN10 : 2-86314-206-2

    1. Karine a dit :

      Bonjour Paul
      C’est très intéressant, merci de partager avec nous cet ouvrage et merci de me le faire découvrir car je n’en avais jamais entendu parler.

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