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Affirmatif : s’affirmer en équilibre

Dire non pour dire de vrais oui - image (CC) cheerfulmonk | FlickrDès lors qu’il est question de vivre ou travailler avec les autres, savoir s’affirmer est nécessaire. Pour quoi ? Obtenir ce que l’on souhaite, défendre ses idées, faire respecter ses besoins, négocier, répondre à des critiques et même… faire ou recevoir des compliments. L’affirmation de soi va bien au-delà des situations où il s’agit de s’imposer, elle importe dans une large palette d’échanges relationnels.

Quand on parle de savoir s’affirmer ou d’apprendre à s’affirmer, à quoi pense-t-on souvent ? A savoir mieux s’imposer. Mieux s’affirmer ce serait alors gagner du terrain sur l’autre en prenant le dessus.

Il y aurait là, justement, un contresens : s’affirmer ce n’est pas s’imposer jusqu’au point de diminuer l’autre ou de le vaincre, mais plutôt “s’exprimer pleinement et faire respecter ses droits sans empiéter sur ceux d’autrui.”

L’affirmation de soi c’est donc prendre sa place, toute sa place, certes, mais c’est aussi ne prendre rien que sa place.

Prendre sa place, toute sa place, rien que sa place.

Pour cela, il s’agit de se sentir assez solide pour ne pas avoir besoin d’être plus fort que l’autre. Paradoxe ? C’est l’essence de certains arts martiaux où le combat se gagne sans combattre, simplement dans la phase où les adversaires se jaugent. En iaidō par exemple, le pratiquant cherche à si bien maîtriser son arme qu’il n’a plus besoin de s’en servir.

De la même manière, s’affirmer procède de l’action et en même temps, tout se joue avant même l’action : dans la perception de ses propres forces, qui détermine la confiance avec laquelle on s’exprime. Il s’agit alors de l’être plus que du faire. Bien sûr des techniques peuvent nous aider à nous camper dans la bonne position (respiration, travail sur la posture, le regard etc.) mais le fond du problème est intérieur. Comme en iaidō, la sérénité et la maîtrise de soi sont des clés.

Quelques inspirations :

  • L’assertivité, c’est accepter de ne pas toujours être aimé par tout le monde
  • L’assertivité, un équilibre : ni hérisson ni paillasson
  • L’assertivité, un respect réciproque des opinions et une attitude gagnant-gagnant
  • En situation confortable, nous savons tous être assertifs

Etre assertif, c’est :

  • Dire non, refuser
  • Dire ce qui me gêne
  • Exprimer mes besoins
  • Exprimer une opinion, un sentiment
  • Faire des demandes claires
  • Parler sans bémols, être direct
  • Dire / répondre à des critiques
  • Faire / recevoir des compliments
  • Prendre ma place
  • Faire respecter mes droits

Cela implique d’être soi-même, d’être vrai, de parler « Je », de se révéler. C’est loin d’être une évidence, il s’agit d’oser et d’agrandir sa zone de confort en explorant la zone d’apprentissage

Niveaux logiques : la cascade d’influence

La perception de ce que nous sommes et de notre positionnement par rapport aux autres influence grandement notre estime personnelle, notre confiance en nous et de là, notre capacité à nous affirmer.

Pour le poser en termes de niveaux logiques de la conscience : “qui je suis” influence mes croyances, qui influencent mes capacités et de là, mon comportement.

Comment des croyances peuvent-elles aussi nous aider à nous affirmer ou au contraire nous freiner ?

Croyances favorisant l’affirmation de soi :

  • j’ai le droit de m’exprimer
  • mon avis compte autant que celui des autres
  • mes besoins sont importants
  • etc.

Croyances ou pensées freinant l’affirmation de soi :

  • couper la parole c’est impoli
  • il va me prendre pour…
  • ce que je vais dire n’est pas important
  • ce que je vais dire est idiot
  • ils pensent tous le contraire de moi, c’est que je dois me tromper”

La peur du jugement et la peur de déplaire retiennent bien des élans.

Une attitude de retrait peut aussi indiquer que l’on bloque une part de soi perçue comme dangereuse, car trop longtemps étouffée. Ainsi celui qui a appris à “s’écraser” et ravaler son désaccord, en est venu à craindre sa colère qui s’échappe avec vigueur dès qu’elle en a l’occasion. Aussi préfère-t-il l’attitude de fuite ou de manipulation pour parvenir à ses fins.

Lire à ce sujet : Manager avec son Ombre

Le manque d’affirmation s’auto-alimente souvent, par le jeu de la croyance renforcée (je n’ai rien à dire > je ne dis rien > je n’ai pas pris la parole de la réunion, preuve que je n’ai rien à dire) mais aussi par les boucles rétroactives entretenues avec l’environnement : si je suis souvent silencieux dans les échanges, peut-être que les autres feront moins attention à me laisser parler ou à me solliciter ; je serai alors invité à encore plus de silence, etc.

A l’inverse, si j’adopte un nouveau comportement en m’affirmant dans certaines situations, je peux développer de nouvelles compétences relationnelles et de là, modifier mes croyances sur ma relation aux autres.

A vous ! Questions de coach :

Dans quel(s) domaine(s) avez-vous du mal à vous affirmer ?
Où est-ce que cela vous pose problème ?

  • Dire non, refuser
  • Dire ce qui me gêne
  • Exprimer mes besoins
  • Exprimer une opinion, un sentiment
  • Faire des demandes claires
  • Parler sans bémols, être direct
  • Dire / répondre à des critiques
  • Faire / recevoir des compliments
  • Prendre ma place
  • Faire respecter mes droits

Que puis-je pour vous ?

Le coaching vous permet de tester des stratégies différentes de vos routines, dans un cadre sécurisé.
Vous aimeriez vous affirmer autrement ? Contactez-moi.

 

5 comments

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  1. Norbert Macia

    Bonjour Karine,

    et merci pour cet article fort intéressant. Il me fait d’ailleurs penser au « complexe du homard » de Françoise Dolto. Savoir s’affirmer c’est certainement, comme tu le soulignes très pertinemment, apprendre à aller au contact du monde avec sa voix, son corps, sa chair, son être tout entier, et ainsi ne pas finir en « homard », cuit ou replié sur soi : un exosquelette qui, une fois percé, pré-dispose à une grande vulnérabilité.

    Amicalement,

    Norbert

    1. Karine

      Bonjour Norbert,

      Merci pour ton commentaire. J’aime bien cette idée que tu proposes, de l’exosquelette comme protection illusoire, et de la force acquise par l’exposition du vrai soi.

      Quand l’éducation et l’expérience de vie ne nous ont pas appris à le faire, c’est la démarche, parfois tardive, du développement de soi… ou du coaching, qui conduisent à se connaître, s’aimer, pour enfin s’affirmer.

      Amitiés

  2. Alexandra

    Bonjour Karine,

    Je découvre votre blog, que je trouve fort intéressant en tous points. Toutefois je suis confrontée à un problème que rencontrent bien des femmes dans mon cas, et en lien direct avec cet article.

    Je lis :
    Dire non, refuser
    Dire ce qui me gêne
    Exprimer mes besoins
    Exprimer une opinion, un sentiment
    Faire des demandes claires
    Parler sans bémols, être direct
    Dire / répondre à des critiques
    Faire / recevoir des compliments
    Prendre ma place
    Faire respecter mes droits

    Une somme de bon sens. Mais dans la mise en pratique professionnelle, je m’entends souvent ce reproche « tu fais peur »… Exprimer de telle manière ses points de vue s’apparente à « c’est une chiante » pour un homme. Bon nombre de mes pairs masculins m’ont invité à me rendre moins visible, pour ne pas dire transparente… Quelle position tenir ?

    Amicalement.

  3. admin

    Bonjour Alexandra

    Très bonne question que vous soulevez là, l’inconfort généré chez nos interlocuteurs quand nous avons une attitude assertive, qui que nous soyons.

    Quelle position tenir, demandez-vous, c’est exactement le sujet : se positionner. Quand vous vous positionnez, votre interlocuteur et les personnes autour de vous sont obligées de le faire aussi ; pour certains, c’est un effort, un inconfort, d’où les émotions de peur et de colère que vous détectez peut-être au-delà des mots qui vous sont renvoyés. Elles appartiennent surtout à ceux qui les ressentent, plus qu’à vous qui les suscitez !

    Par ailleurs vous soulignez que c’est le fait d’être une femme qui s’affirme, qui gêne surtout les hommes. Que leur renvoyez-vous quand vous exprimez votre point de vue, quand vous dites non avec fermeté ? Et que les amenez-vous à faire par votre attitude ? Dit autrement : en vous demandant d’être discrète, ils espèrent pouvoir éviter d’avoir à se positionner. On peut se demander aussi quelle vision du rapport homme-femme guide à la fois leur réaction et leur comportement.

    Qu’en pensez-vous ?
    Si vous souhaitez approfondir ce sujet, n’hésitez pas à me contacter.
    Bon week-end,
    Karine

  4. fifi

    je pense que s’affirmer est plutôt beau pour être vrai et je dirai que le meilleur exercice est de s’affirmer dans son foyer, chose qui m’est très difficile , quel attitude pour s’approprier d’une posture assertive?

  1. Affirmatif : s’affirmer en équilib...

    [...] S'affirmer est une compétence relationnelle riche, et l'assertivité ce n'est pas savoir s'imposer mais plutôt instaurer une communication gagnant-gagnant.  [...]

  2. Affirmatif : s’affirmer en équilib...

    [...] S'affirmer est une compétence relationnelle riche, et l'assertivité ce n'est pas savoir s'imposer mais plutôt instaurer une communication gagnant-gagnant. Dès lors qu’il est question de vivre ou travailler avec les autres, savoir s’affirmer est nécessaire. Pour quoi ? Obtenir ce que l’on souhaite, défendre ses idées, faire respecter ses besoins, négocier, répondre à des critiques et même… faire ou recevoir des compliments. L’affirmation de soi va bien au-delà des situations où il s’agit de s’imposer, elle importe dans une large palette d’échanges relationnels.Quand on parle de savoir s’affirmer ou d’apprendre à s’affirmer, à quoi pense-t-on souvent ? A savoir mieux s’imposer. Mieux s’affirmer ce serait alors gagner du terrain sur l’autre en prenant le dessus. Il y aurait là, justement, un contresens : s’affirmer ce n’est pas s’imposer jusqu’au point de diminuer l’autre ou de le vaincre, mais plutôt “s’exprimer pleinement et faire respecter ses droits sans empiéter sur ceux d’autrui.”L’affirmation de soi c’est donc prendre sa place, toute sa place, certes, mais c’est aussi ne prendre rien que sa place.  [...]

  3. Affirmatif : s’affirmer en équilib...

    [...] Dès lors qu’il est question de vivre ou travailler avec les autres, savoir s’affirmer est nécessaire. Pour quoi ? Obtenir ce que l’on souhaite, défendre ses idées, faire respecter ses besoins, négocier, répondre à des critiques et même… faire ou recevoir des compliments. L’affirmation de soi va bien au-delà des situations où il s’agit de s’imposer, elle importe dans une large palette d’échanges relationnels.  [...]

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